La crise des subprimes : une opportunité pour la Finance Islamique
Directeur d'un laboratoire de Recherche doctorale en Finance Islamique
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Pr & Dr Rachid BOUTTI (HDR)
Expert Comptable
Titulaire de la Chaire Euro arabe du Développement Durable (UPM)
La crise financière offre une opportunité sans précédent à la finance islamique, mais cette dernière doit avant tout gagner trois défis majeurs :
1- une standardisation des contrats, des opinions religieuses et des règles claires et précises et une meilleure sécurité.
2- la formation de Ressources Humaines que ce soit de scholars, de banquiers ou de juristes capable de mieux développer cette Finance.
3- la création de vrais produit conformes à la charia qui répondent à l’essence de cette finance alternative, au lieu « d’islamiser » des produits conventionnels existants.
La Finance Islamique, avec environ 800 milliard de dollars d’actifs gérés représente aujourd’hui à peine 3% de la finance mondiale et moins de 20% du marché des pays du Golfe. Son potentiel de croissance reste assez important.
Saisir les occasions apportées par cette crise semble légitime pour les banques islamiques afin de mieux s’intégrer dans l’économie mondiale, comme une finance alternative, éthique, saine, non spéculative, participative, au service de l’économie réelle.
Rater cette opportunité serait un vrai gâchis qui pourrait fort malheureusement enterrer ce projet de
« finance éthique » ou, au mieux, lui faire subir le même sort que la « voiture islamique », lancé il y a un an par une entreprise automobile malaisienne, la finance islamique
ne doit pas être à l’image de cette voiture qui doit son caractère halal à des « accessoires » tels qu’une boussole permettant de s’orienté vers la Mecque ou un emplacement dédié au le
coran et aux voiles pour les femmes.
La Finance Islamique n’est pas une substitution des intérêts par un profit, mais elle est destinée à être comme une vraie voiture « verte » islamique, écologique, familiale, sûre, à vitesse contrôlée et au service du Développement Durable.